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dimanche 30 janvier 2011

Entretien audio avec Lobo Antunes



Alain Veinstein reçoit Antonio Lobo Antunes, - auteur de Mon nom est légion (Christian Bourgois).

A écouter ici.

dimanche 18 juillet 2010

Spécial dédicace à José Saramago



En portugais, le numéro spécial du Jornal de letras consacré à José Saramago : ICI.

Ci-dessous, l'hommage du Figaro le 18 juin 2010 :

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L'écrivain portugais engagé vient de mourir à l'âge de 87 ans. Il avait reçu le prix Nobel de littérature en 1998.

José Saramago n'a cessé, tout au long de son œuvre, de revisiter à sa manière l'histoire du Portugal. Né en 1922, cet écrivain tardif (il avait plus de soixante ans quand il a connu ses premiers grands succès), appartient à la littérature née de la «révolution des Œillets», qui mit fin, en 1974, au régime salazariste. Relevé du sol, qu'il fait paraître en 1980, est issu de cette mystique du «beau rêve d'avril». Dans ce roman, l'écrivain conte la misère des paysans sans terre employés comme journaliers sur les grands domaines. Il ne faut pas oublier les origines de Saramago : fils de paysans pauvres, c'est un autodidacte, et son seul diplôme est celui de… serrurier, métier qu'il a exercé pendant trois années avant de travailler dans des ­bureaux puis de devenir journaliste. Il milita pendant des années dans la clandestinité au parti communiste. Il publia de loin et loin quelques livres, des romans, un recueil de poèmes. Rien de très important.

Il faut attendre les années 1980 pour qu'il accède à la notoriété avec Le Dieu manchot et, surtout, L'Année de la mort de Ricardo Reis. Dans ce roman, Saramago fait revivre la figure mythique de Fernando Pessoa. Les critiques louent son savoir-faire, son art de conter, sa fantaisie. Mais c'est par le scandale qu'il touche le grand public. En 1991 son iconoclaste Évangile selon Jésus-Christ lui vaut en effet d'être fustigé par L'Osservatore Romano, organe de presse officiel du Vatican, qui juge sa «vision substantiellement antireligieuse». Le romancier relit en effet les Évangiles à sa façon et affirme que Jésus a été l'amant de Marie Madeleine. Il présente en outre Jésus comme le jouet d'un Dieu qui, frustré de ne régner que sur le peuple hébreu, désire étendre son emprise sur le monde entier. La polémique devint une affaire d'État. Selon un ­ministre portugais, l'écrivain portait atteinte au «patrimoine religieux national». À la suite de ce scandale, Saramago quitta son pays. Il s'installa sur l'île de Lanzarote, dans l'archipel espagnol des Canaries.

S'il choqua les catholiques du Portugal et de l'Espagne, le ricanement voltairien du Portugais fut du goût des jurés du Nobel. José Saramago reçut en 1998 la prestigieuse récompense, l'Académie suédoise expliquant, dans ses ­attendus, que l'œuvre de l'écrivain «rendait tangible une réalité fuyante grâce à des paraboles par l'imagination, la compassion et l'ironie». Quand il apprit qu'il avait le Nobel, l'écrivain fit cette boutade : «C'est comme Miss Portugal, l'an prochain on l'aura oubliée…»

Depuis quelques années, ce grand lecteur de Montaigne, de Cervantes et de Kafka alimentait régulièrement un blog dans lequel il ne mâchait pas ses mots. Défenseur de la cause palestinienne, il avait à plusieurs reprises violemment dénoncé la politique israélienne dans les Territoires occupés. L'an dernier, Saramago n'hésitait pas à mettre en cause le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, le qualifiant de «délinquant». Saramago le blogueur prolongeait ainsi via Internet la mission qu'il pensait être celle de l'écrivain : tenir un discours sur l'état du monde.

La quasi-totalité de l'œuvre de José Samarago est disponible en français aux éditions du Seuil.

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mercredi 30 juin 2010

Citation du jour # 11 | E agora José ?

Hurlons, dit le chien. Ce chien, c'est vous, c'est moi, c'est nous tous. Jusqu'alors nous avons parlé, nous nous sommes exprimés sur de multiples sujets sans nous faire véritablement entendre. C'est pourquoi, il faut à présent hausser le ton. Oui, je crois que le temps du hurlement est venu.

José Saramago, La lucidité, 2006.

lundi 26 avril 2010

Ecritures luso-descendantes : histoires de femmes ?



Quelques noms entendus ici ou là : Katherine Vaz, américaine, Erika de Vasconcelos, canadienne, et Brigitte Paulino-Neto, française... Trois femmes ayant des ascendants portugais et qui publient dans leur langue qui n'est plus la portugaise.
Il doit bien y avoir des hommes qui traînent aussi. Je chercherai plus tard.
En tout cas, si vous avez l'occasion de lire ces auteures, dites-moi ce que vous en avez pensé, je l'ai pas encore fait, bientôt, sans doute, mais pas encore.

dimanche 7 juin 2009

Citation du jour #9 | José Régio | Noir cantique



"Não sei para onde vou
Sei que não vou por aí"

"Je ne sais pas où je vais
je sais que je ne vais pas par là
"

Tiré du poème Cântico negro de José Régio. Je reviendrai un jour plus en détail sur ce géant de la littérature portugaise.

La version de Cântico negro de Maria Bethânia :



Une version de Cântico negro en français :

dimanche 10 mai 2009

Extrait du jour #5 | Luis de Camões | Amour est feu qui brûle

Amour est feu qui brûle et que l’on ne voit pas ;
C’est blessure cuisante et que l’on ne sent pas ;
Ravissement qui ne sait pas ravir ;
Folle douleur qui ne fait pas souffrir ;

C’est ne plus désirer qu’un seul désir ;
C’est marcher solitaire dans la foule ;
Jamais n’avoir plaisir à un plaisir ;
Penser qu’on gagne alors que l’on se perd ;

C’est librement vouloir être captif ;
C’est, quand on est vainqueur, servir qui est vaincu ;
Rester loyal alors que l’on nous tue.

Mais comment ses faveurs font-elles naître
Une amitié entre les cœurs humains,
Si Amour à ce point est contraire à lui-même ?

(Traduit par Anne-Marie Quint et Maryvonne Boudoy
Editions Changeigne, 1998 – Collection Lusitane)



Luis de Camões

En portugais :

Amor é fogo que arde sem se ver;
É ferida que dói e não se sente;
É um contentamento descontente;
É dor que desatina sem doer;

É um não querer mais que bem querer;
É solitário andar por entre a gente;
É nunca contentar-se de contente;
É cuidar que se ganha em se perder;

É querer estar preso por vontade;
É servir a quem vence, o vencedor;
É ter com quem nos mata lealdade.

Mas como causar pode seu favor
Nos corações humanos amizade,
se tão contrário a si é o mesmo Amor?

dimanche 19 avril 2009

Extrait du jour #5 | Pedro Martins | Mains tenant...

Agora

Agora que chegaste

Aux rives inconscientes

Que sempre quiseste

Eviter, brises naissantes,

A epifânia de meu amar

Est le frisson d'une caresse,

Castanhos olhos de meu lar

Que l'on retrouve sans adresse.

Agora meu triste cantar

Sur la pleine place en détresse

Grita na distância tua ausência...

Outrora esperei tua mão,

Aurores des chemins, blanche et douce...

Outrora fitei tua boca em vão,

Aurore qui débouche...

Te repousse...


Poème tiré de Cri&Tics

lundi 23 mars 2009

Liste des auteurs portugais traduits en français

Voici un lien vers une liste établie en 2000 par le revue Latitudes, à peu près complète, des écrivains portugais contemporains (prosateurs et poètes) traduits en langue française. Bonnes lectures !

mardi 17 février 2009

Extrait du jour #3 | Guerra Junqueiro | Patrie



C'était à la fin du 19è siècle, Guerra Junqueiro (1850-1923), haut-fonctionnaire, député, journaliste et poète le plus populaire de son temps, fut un des grands pourfendeurs de la monarchie et milita pour l'implantation de la République.

En 1896, il dressait, déjà..., un tableau peu glorieux de la société portugaise :

"Un peuple abruti et résigné, humble et morose, fataliste et somnambule, bête de charge, supportant coups de bâton, sacs de honte, brassées de misères, sans aucune rébellion ou grognement, ni même l'énergie d'une ruade, car déjà incapable de secouer les mouches avec les oreilles.

Un peuple en catalepsie ambulante, ne se rappelant ni d'où il vient, ni où il est, ni vers où il va ; un peuple, enfin, que j'adore, parce qu'il souffre et est bon, et garde encore dans la nuit de son inconscience comme une étincelle mystérieuse de l'âme nationale, reflet d'un astre au silence sombre de lac mort.

Une bourgeoisie, civiquement et politiquement corrompue jusqu'à la moelle, ne sachant plus différencier le bien du mal, sans mots, sans honte, sans caractère (...).

Deux partis sans idées, sans plans, sans convictions, incapables, vivant tous deux du même utilitarisme sceptique et perverti, analogues dans leur discours, identiques dans leurs actes, égaux l'un et l'autre comme deux moitiés du même zéro (...).
"

Guerra Junqueiro, "Pátria", 1896.

Traduit librement par Jorge

mardi 10 février 2009

Dernière station avant l'autoroute

Dernière station avant l'autoroute (1997) : c'est le premier polar que je lis de Hugues Pagan. Je vous le conseille. Pas gai, non, le genre humain en prend pour son grade, la vie et toutes ses contradictions, ses coups-bas et autres lâchetés accumulées au fil du temps, mais quand même, c'est le commissaire, le "héros" qui est désenchanté, et on sent qu'il y a malgré tout des petits espaces où l'espoir peut se glisser. Si, si... En cherchant bien, derrière l'ironie du narrateur/"héros", il y a des trainées d'idéal qui luttent encore pour exister, même si dans ce cas elles savent qu'elles ont perdu d'avance. Quoique...



Et quand on sait que l'auteur a fait des études de philo (une thèse sur Heidegger) avant de s'engager dans la police criminelle qu'il a depuis quittée, ça interpelle quelque peu.

L'extrait qui suit n'est pas forcément représentatif du comment il est bien ce livre, mais il traite, en passant, de l'objet de ce blog, les Portugals :

"Elle a servi avec un sourire crispé, mais pas forcément mécontent. Elle a remis un tour à Monseigneur. Elle est repartie s'occuper des soutiers à l'autre bout du comptoir. Toute une petite population d'esclaves. Des manards, un plâtrier, deux électros, des portugais, un ou deux biques, le Fennec pour faire bonne mesure. Des gentils tous, dans le fond, même si je ne suis jamais rentré dans leurs petites histoires, sauf un peu dans celle du Fennec."

lundi 2 février 2009

Roth, Charyn et les marranes

Une amie, quand je lui demandai de me prêter un livre pour les dernières vacances de Noël, me tendit La contrevie de Philippe Roth. J'ai compris en le lisant que l'écrivain était juif, je n'avais pas fait attention. Pas assez de connaissances sur le monde juif pour en reconnaître les signaux ? Trop distrait ? Pas d'importance donnée à la judaïté des noms ? En tout cas, maintenant je sais : Roth !



J'ai donc lu ce super livre, si si, Roth est fort, très très fort, deux frères, deux vies qui se mélangent, s'échangent, ça donne plusieurs histoires pour un seul livre, on sait pas trop qui est le narrateur, quand est-ce que ça se passe, ce qui est la "vraie" histoire qu'on nous raconte, ou si elles le sont toutes, et là on est mal, car toutes ces histoires ont le même degré de vérité, celui de la fiction donc, pas de hiérarchie, du coup on cherche plus à être dans la "vraie" histoire, on se laisse trimballer par l'auteur, et me voilà découvrant le monde des juifs, celui de ceux qui vivent en dehors d'Israel, et celui de ceux qui vivent dedans. C'est pas le même...
Du coup j
'ai enchaîné avec un autre livre de Philippe Roth, Patrimoine. Et là, c'est superbement autobiographique : on lit le combat du père de l'auteur contre le cancer qui le tue finalement. Et je me laisse entraîner (il est fort ce Roth !) une fois de plus dans le monde des juifs américains. Bon.
Tout ça sur fond de massacre des habitants de Gaza par Israel (rappelez-vous, on n'en parle plus maintenant, mais ça a existé, il n'y a pas si longtemps...)

Pourquoi je vous raconte tout ça ?
Quel est le lien avec le Portugal ?
J'y viens.
Puis j'ai eu envie de polar, ça m'arrive régulièrement, le dernier plongeon je l'avais fait avec Jo Nesbö (j'attends la publication en poche de son dernier ou l'arrivée du grand format à la bibliothèque municipale...), envie de polar donc, et je lis Marylin la Dingue de Jérôme Charyn, choisi au hasard rayon polars.



Et pan, le "héros", Isaac Sidel est juif, son inspecteur préféré, Zyeux Bleus, aussi, et me revoilà chez les juifs américains. Pas prévu non plus, que Charyn soit juif ! (oui je sais, je vais apprendre à force). J'adore le bouquin. J'avale donc le deuxième volet de la série (Zyeux Bleus).
Quel est le lien ?
On y est :
Charyn et ses histoires de flics et de largués de tous bords à New York (on s'ennuie pas, attention, on sourit souvent), dans le milieu juif américain donc, eh bah voilà-t-il pas que certains de ses juifs sont des descendants de juifs portugais ? Descendants des marranes (a), ou marranes (b), ou marranes (c), c'est-à-dire des juifs "convertis" par feu les Inquisiteurs portugais au nom de la sainte religion catholique au XVIè siècle. Ces descendants de marranes, donc, la famille Guzmann dans le livre (inoubliables Jeronimo, Mordechai, Jorge, Moises, Cesar...), conservent plus ou moins les coutumes de leurs ancêtres, en les saupoudrant d'autres influences.
Le voilà le lien. Il y a un certain nombre de descendants de
juifs portugais aux USA.
Vous le saviez ?

jeudi 8 janvier 2009

"Anonyme, il passait"

Le Portugal a le plus haut taux de l'Union européenne de travailleurs qui vivent à l'étranger : 9% des Portugais en âge de travailler le font dans un autre pays de l'UE.
Les sorties du pays durant les 4 dernières années sont au niveau des pays de l'est, et elles se sont fait majoritairement (30%) vers l'Espagne, puis le Royaume-Uni et la France (28%).
On appelle ça la "mobilité".
Les Portugais sont "mobiles".
Les causes ?
Principalement économiques : ils partent à la recherche de meilleures conditions de travail et de salaire.
C'est donc une longue histoire qui se répète au pays des "Découvertes" : les pauvres sont (plus ou moins) obligés de laisser leur foyer pour pouvoir l'aider.

(Info tirée du Diario de Noticias)

Cela me donne l'occasion de reproduire ici un poème de Manuel Alegre, "Portugal em Paris" (avec sa traduction) et de vous faire partager un autre poème du même Alegre, "Lusiada exilado", en fichier audio cette fois, où le poète est accompagné à la guitare par Carlos Paredes.

"Portugal em Paris"

Solitário…
por entre a gente eu vi o meu país.
Era um perfil
de sal
e abril.
Era um puro país azul e proletário.
Anónimo passava. E era Portugal
que passava por entre a gente e solitário
nas ruas de Paris

Vi minha pátria derramada
na Gare de Austerliz. Eram cestos
e cestos pelo chão. Pedaços
do meu país.
Restos.
Braços.
Minha patria sem nada
sem nada
despejada nas ruas de Paris.

E o trigo ?
E o mar ?
Foi a terra que não te quis
ou alguém que roubou as flores de abril ?
Solitário por entre a gente caminhei contigo
os olhos longe como o trigo e o mar.
Éramos cem duzentos mil?
E caminhávamos. Braços e mãos para alugar
meu Portugal nas ruas de Paris.

##########

J’étais seul…
à travers la foule, j’ai vu mon pays.
Tel un profil
de sel
et d’avril.
C’était un pays pur, bleu et prolétaire.
Anonyme, il passait. Et c’était le Portugal
qui passait parmi cette foule, solitaire
dans les rues de Paris.

J’ai vu ma patrie répandue
dans la gare d’Austerlitz. On voyait
des paniers et des paniers sur le sol.
Morceaux de mon pays.
Lambeaux.
Bras.
Ma patrie dépouillée
dépouillée
déversée dans les rues de Paris.

Et le blé ?
Et la mer ?
Est-ce la terre qui t’a rejeté
ou quelqu’un a-t-il volé les fleurs d’avril ?
Seul parmi la foule, j’ai marché avec toi,
les yeux au loin, aussi loin que le blé et la mer.
Etions-nous cent deux cent mille ?
Nous marchions. Bras et mains à louer,
mon Portugal, dans les rues de Paris.

(Tiré du site Sudexpress)

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"Lusiada exilado"


Lusiada exilado - manuel alegre com carlos paredes

samedi 27 décembre 2008

Extrait du jour #2 | Gregório de Matos | Poèmes érotico-ironiques |

Gregório de Matos (Bahia, 1636 – Bahia, 1696) est considéré comme le principal poète baroque brésilien (bien que né espagnol et mort portugais).
Il est célèbre pour ses satires contre la société coloniale, qui lui valurent le surnom de « Boca do inferno » [Bouche de l’enfer].
Son éditeur français nous dit : "c'est un moderne, au meilleur sens du terme : ouvert, polémique, incontrôlable, libre. ça fait du bien."
Soit !
Faisons-nous du bien !



Définition de l’amour
[extrait final]

Peste soit de l’amour !
c’est ça l’amour ? Une chimère,
qui fait un homme prudent
se convertir aussitôt en bête.

Un garde-chiourme, un mensonge
je l’appellerai, plus simplement,
un feu sauvage dans les bourses,
et une gale de monnaies.

Une trace du repos,
de cœur irrité,
rougeole de liberté,
mites, gale et lèpre.

C’est ce qui suce, et pompe
la vie, la santé et les biens,
et puisqu’il faut parler vrai,
c’est ça l’amour aujourd’hui.

Ce n’est qu’ivrognerie,
ce n’est qu’une saoûlerie,
qui finit par une coucherie,
et par une coucherie commence.

Finalement c’est ça l’Amour
un embarras de jambes,
une union de ventres,
un bref tremblement d’artères.

Une confusion de bouches,
une bataille de veines,
un mouvement de hanches,
qui dit le contraire est un sot.


Dix-huit poèmes érotico-ironiques attribués à Gregório de Matos / dezoito poema erótico-irónicos atribúdos a Gregório de Matos
Edition bilingue portugais/français - Ed. Paranoïa Mondiale, 1999


Pour plus de détails sur l'auteur, lire : Grégorio de Matos édité par Paranoïa Mondiale

jeudi 25 décembre 2008

Extrait du jour #1 | Pedro Martins | Morue |

Morue

Plats multiples brandis en bravade Vendue en boîte au kilo ou pas heureuse action Dans les rues à Lisbonne la mort se rue de Bonn à Tokyo et qu’elle y reste à jamais Accompagnée de son immense arête-faucheuse de glotte rimée, ou de grotte limée par l’aspérité de trois cent soixante-cinq quotidiennes morues Les mots cavalent sur l’étendue de la plage : Bacalhau barato, barata feira ! Les maux dévalent sur mes deux mains tendues au large avenir sans chlore ni folle passion Cabillaud passé sur le billard en filets chaloupés Grossis à la loupe je m’enfuis émincé par le sel au goût du tout à l’égout.


Poème de l'ami Pedro Martins publié sur Cri&Tics

vendredi 12 décembre 2008

Train de nuit pour Lisbonne

Un prof de philo suisse, Pascal Mercier est un pseudonyme, qui écrit son premier roman. Un livre de plus avec Lisbonne dans le titre.
Mais quel livre !

Le professeur Grégorius vit tranquillement à Berne parmi ses livres et ses élèves. Un jour, tout bascule, à cause d'une femme, portugaise, et d'un livre, écrit en portugais. Il part pour Lisbonne.
Une (re)mise en questions dont les ébauches de réponses passent par Lisbonne et le Portugal et surtout par la quête de qui fut Amadeu de Prado, l'auteur du livre, médecin/philosophe/résistant disparu.

L'occasion de plonger dans le Portugal de Salazar, avec la rencontre de toute une galerie de personnages qui ont connu Amadeu, et de dévoiler les illusions de toutes sortes, par la lecture progressive du livre d'Amadeu et la découverte de nouveaux fragments inédits.
Une recherche/découverte du texte qui va de pair avec une recherche/découverte de soi.

Extrait du livre d'Amadeu :
"Sur mille expériences que nous faisons, nous en exprimons tout au plus une par le langage. Parmi toutes ces expériences muettes sont cachées celles qui donnent secrètement à notre vie sa forme, sa couleur et sa mélodie."

L'ombre de Pessoa, et plus précisément, celle de Bernardo Soares et du Livre de l'intranquillité plane. Une belle ombre à porter en bandoulière, comme une gourde, pour se rafraîchir régulièrement l'esprit.

Bonne lecture !

Présentation de l'éditeur :

"Une femme penchée sur le parapet d'un pont, un matin à Berne, sous une pluie battante. Le livre, découvert par hasard, d'un poète portugais. Amadeu de Prado. Ces deux rencontres bouleversent la vie du sage et très érudit professeur Raimond Gregorius. Au milieu d'un cours de latin, soudain il se lève et s'en va. Il prend le premier train de nuit pour Lisbonne, tournant le dos à son existence anti-poétique et sans savoir ce que vont lui révéler la beauté étrangère de Lisbonne et le livre d'Amadeu. Fasciné par les profondeurs que ce texte lui ouvre sur l'amour, l'amitié, le courage et la mort. il veut savoir qui était Amadeu de Prado : un médecin de génie, poète, militant engagé dans la Résistance contre la dictature de Salazar - un orfèvre des mots, un maître à penser, un explorateur de la vie à la manière des anciens navigateurs portugais. L'enquête menée par Gregorius l'entraîne dans une ronde de personnages fortement dessinés qui ont connu Amadeu. Leurs témoignages convergent vers cet homme et cernent en même temps la personnalité de Gregorius : " coupable " d'avoir trop peu osé."