mercredi 20 mai 2009

Indésirables

"De la France, Solange França, universitaire brésilienne venue passer quelques jours à Paris chez des amis français, n’aura vu que la zone d’attente de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Parce qu’elle était en possession d’une simple attestation d’hébergement et non d’une attestation d’accueil officielle, elle a été remise aussi sec dans l’avion."



Lisez le récit de Solange et de Yves, son ami qui l'attendait à l'aéroport : ICI.

Dans l'Europe Forteresse, la France est très bonne élève, limite faillote.

Si vous avez l'intention d'inviter des amis étrangers à venir vous visiter, prévenez-les : la France "terre-d'accueil-et-des-droits-de-l'homme" n'existe pas.

dimanche 10 mai 2009

Extrait du jour #5 | Luis de Camões | Amour est feu qui brûle

Amour est feu qui brûle et que l’on ne voit pas ;
C’est blessure cuisante et que l’on ne sent pas ;
Ravissement qui ne sait pas ravir ;
Folle douleur qui ne fait pas souffrir ;

C’est ne plus désirer qu’un seul désir ;
C’est marcher solitaire dans la foule ;
Jamais n’avoir plaisir à un plaisir ;
Penser qu’on gagne alors que l’on se perd ;

C’est librement vouloir être captif ;
C’est, quand on est vainqueur, servir qui est vaincu ;
Rester loyal alors que l’on nous tue.

Mais comment ses faveurs font-elles naître
Une amitié entre les cœurs humains,
Si Amour à ce point est contraire à lui-même ?

(Traduit par Anne-Marie Quint et Maryvonne Boudoy
Editions Changeigne, 1998 – Collection Lusitane)



Luis de Camões

En portugais :

Amor é fogo que arde sem se ver;
É ferida que dói e não se sente;
É um contentamento descontente;
É dor que desatina sem doer;

É um não querer mais que bem querer;
É solitário andar por entre a gente;
É nunca contentar-se de contente;
É cuidar que se ganha em se perder;

É querer estar preso por vontade;
É servir a quem vence, o vencedor;
É ter com quem nos mata lealdade.

Mas como causar pode seu favor
Nos corações humanos amizade,
se tão contrário a si é o mesmo Amor?

dimanche 3 mai 2009

vendredi 1 mai 2009

Anniversaire

Le 25 avril dernier, cela faisait 35 ans...
Le 25 avril 1974 a ouvert des portes, comme l'a si bien dit Ary dos Santos.
Après, ce qu'en ont fait les Portugais, de ces portes ouvertes, c'est une autre histoire...



Voir ICI les photos de Michel Puech en écoutant LA chanson du 25 avril.
Lire ICI un reportage du même auteur.


Photo de Alfredo Cunha représentant le capitaine Maia.

Vous avez vu Capitaines d'avril de Maria Medeiros ? Non ? Le capitaine Maia est l'un des héros du film, regardez ici :



Et, à lire absolument : Salazarisme et Fascisme, de l'historien Yves Léonard, aux éditions Chandeigne (édition révisée en mai 2003), pour comprendre ce qu'était la dictature de Salazar.

jeudi 23 avril 2009

Citation du jour #8 | Sophia de Mello Breyner Andresen | 1968 au Portugal

"En privant un pays d'information, on le prive de conscience"

Citation de la poétesse portugaise Sophia de Mello Breyner Andresen tirée d'une vidéo de l'INA d'octobre 1968, à voir ICI.



On trouve également dans ce reportage de l'ORTF, en plus des entretiens avec la poétesse et son mari, Francisco Sousa Tavares, avocat plusieurs fois emprisonné sous Salazar, des interviews d'étudiants "anonymes" de l'opposition, et de Marcelo Caetano, le successeur de Salazar.

On y parle de silences, de peur, d'antifascisme, de résistances, de la guerre coloniale, de l'état de l'industrie portugaise...

A voir donc.

dimanche 19 avril 2009

Citations du jour #7 | Slogan métaphorique

"Fazer amor porquê? Se o governo me vai ao c... todos os dias..."

"Faire l'amour, pourquoi ? Si le gouvernement m'enc... tous les jours..."

Un slogan entendu dans une manifestation à Lisbonne.

Tiré de Alfarrobeira

Extrait du jour #5 | Pedro Martins | Mains tenant...

Agora

Agora que chegaste

Aux rives inconscientes

Que sempre quiseste

Eviter, brises naissantes,

A epifânia de meu amar

Est le frisson d'une caresse,

Castanhos olhos de meu lar

Que l'on retrouve sans adresse.

Agora meu triste cantar

Sur la pleine place en détresse

Grita na distância tua ausência...

Outrora esperei tua mão,

Aurores des chemins, blanche et douce...

Outrora fitei tua boca em vão,

Aurore qui débouche...

Te repousse...


Poème tiré de Cri&Tics

samedi 18 avril 2009

Pinochet et l'Esprit Sain

Augusto Pinochet est mort. Bien. Mais il est mort sans avoir vraiment répondu de ses actes de dictateur au Chili : souvenez-vous, des milliers de morts, des dizaines de milliers de torturés etc.

Le rapport avec le Portugal ?

L'année précédant sa mort, Pinochet a été accusé d'évasion fiscale : 27 millions de dollars envoyés dans des comptes à l'étranger. L'une des banques ayant reçu cet argent est le Banco Espirito Santo...

Comme quoi, l'odeur de l'argent souillé du sang de milliers de gens ne gêne en rien les banquiers, les Portugais pas moins que les autres.

lundi 6 avril 2009

Citations du jour #6 | Crime, justice et monogamie



1/ "Le pays où le crime paye et où la Justice aide"
C'est le titre de l'éditorial de José Manuel Fernandes dans le quotidien Público du 3 avril. Il y parle d'élus politiques impliqués dans des affaires de corruption (Oeiras, Braga) ainsi que du cas Freeport : il rapporte que les magistrats chargés de cette affaire auraient été (je mets le conditionnel, histoire de pas avoir d'ennuis...) pressionnés (c'est un anglicisme ça, non ?) par un proche de José Sócrates, le 1er ministre portugais, "socialiste" de son état, qui est l'un des principaux soupçonnés de corruption dans cette histoire.

2/ "Voir José Sócrates appeler à la moralisation de la vie politique est aussi convainquant que la défense de la monogamie par la Cicciolina."
Phrase (3 mars) à l'origine de la plainte de José Sócrates contre le journaliste João Miguel Tavares du quotidien Diario de Noticias. Dans le même article, le journaliste fait une liste d'"affaires" où l'honnêteté du 1er ministre portugais est mise en cause.