lundi 3 décembre 2012

Ton bonheur malgré toi !

Mauricio Lima for The New York Times
Le site internet du New York Times a publié une galerie photo sur la société portugaise d'aujourd'hui. Le titre du reportage : "Le Portugal adopte un autre budget austère".

Il y a quelques jours, ce sont les Inrocks qui ont publié un reportage intitulé : "Portugal : la valise ou la misère". Ils ont été plus de 150 000 Portugais à émigrer en 2011.

Aujourd'hui, c'est le quotidien Publico qui titre : "Plus de la moitié de la population active est précaire ou au chômage".

Comment ne pas enRAGEr ?...
Le 14 novembre dernier à Lisbonne, avant que la Police ne charge brutalement la foule et les passants, et n'arrête plus d'une centaine de personnes qu'elle traitera de manière à ce que l'on n'oublie pas que le gouvernement actuel est bien ce qu'il paraît être : un mélange d'incompétence, d'hypocrisie à peine masquée, de corruption et d'intégrisme troikien qui n'en a rien à faire des Portugais.

mercredi 17 octobre 2012

Saignée

 Le ministre portugais des Finances Vitor Gaspar a présenté lundi 15 octobre au Parlement le budget 2013.
Le soir-même, à Lisbonne, ce même Parlement était assiégé :

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Photos de Sérgio Lavos http://fotos.sapo.pt/sergiolavos/fotos/?uid=7mqZTtNrZGQzWZjTyuvm


Voir le reportage d'Euronews : http://fr.euronews.com/2012/10/16/austerite-les-indignes-portugais-assiegent-le-parlement

La saignée dont Molière s'est bien moqué est toujours d'actualité : on utilise un remède ("l'austérité") qui aggrave le mal (les conditions de vie des gens).

Hasta cuando ?

samedi 28 avril 2012

Le peuple uni jamais ne sera vaincu ?



Chanson emblématique des Chiliens dans leur lutte, "El pueblo unido jamas sera vencido" est chantée ici par Luís Cília accompagné par les Quilapayun, auteurs de la chanson alors exilés en France (1974).
C'était l'une des chansons emblématiques de la Révolution des oeillets.

Question : ce fameux peuple, c'est quand qu'il s'unit ?

Luís Cília | A má reputação

lundi 26 décembre 2011

Qui sème la misère, récolte la tempête ?

L'année prochaine, grâce aux réformes faites pour leur bien, les Portugais devront travailler 23 jours de plus pour le même salaire. Et ceux qui n'auront pas de travail verront leur indemnité de chômage tronçonnée.
Pour cette année belle année 2012 qui se profile, il était donc temps de (enfin) publier ici la Ballade du vent qui passe [Trova do vento que passa] de Manuel Alegre, chantée entre autres par Adriano Correia de Oliveira :

"Mesmo na noite mais triste
em tempo de servidão
há sempre alguém que resiste
há sempre alguém que diz não."

"Même dans la nuit la plus triste

en temps de servitude
il y a toujours quelqu'un qui résiste
il y a toujours quelqu'un qui dit non."

vendredi 25 novembre 2011

Hier, aujourd'hui ou demain ?

Un texte lu sur Delito de opinião dresse un portrait des manifestants portugais du 24 novembre qui interpelle :

il s'agirait, en résumé, d'un assemblage hétérogène et contradictoire de personnes 1/ dont l'idéal se trouve dans le passé (les syndicalistes staliniens), 2/ qui sont révoltées et ne vivent que dans le refus du présent (indignés, sans espoir et sans projet), 3/ des utopistes qui ne vivent que pour un futur radieux (révolutionnaires et autres idéologisés gauchistes). Ces 3 groupes seraient fondamentalement incompatibles, et tous seraient déconnectés de la réalité.

Je me pose alors la question : ne peut-on donc pas à la fois 1/regretter un passé moins difficile et résister le plus possible à la destruction systématique de l'espoir et des conditions de vie et de travail, 2/ être révolté par la situation présente et être indigné par la manière dont ceux qui ont le pouvoir mentent et jouent avec la vie des gens considérés comme de simples variables d'ajustements économiques, 3/ avoir pour horizon idéal une société qui ne serait pas dictée par les besoins incommensurables du porte-monnaie capitaliste mais plutôt par un respect strict de la dignité humaine et des valeurs de liberté, égalité, fraternité... ?

Aie aie aie aie...
C'est fou comme c'est facile de trouver de bonnes raisons pour se recroqueviller sur soi et essayer de se préserver du monde extérieur, de trouver de bonnes raisons de critiquer ceux qui sont contre l'ordre établi.
C'est fou comme c'est facile de dire qu'ils sont pas dans le monde réel, eux...
Pas comme nous hein !, sérieux-respectueux-et-responsables !

Le problème, c'est qu'il y a de plus en plus de "nous" sérieux-respectueux-et-responsables qui se transforment en "eux" nostalgiques et/ou indignés et/ou utopistes.

Il ne reste donc qu'à espérer que ces déçus de la démocratie-telle-qu'on-nous-la-vend-de-plus-en-plus-cher ne soient pas tentés par les sirènes fascisantes et illusoires d'un renouveau national...

Police partout, justice nulle part ?

Au Portugal, jour de grève générale (à quand en France ?), les policiers infiltrés font leur travail...

vendredi 4 novembre 2011

Nous sommes les 99% !



Appel aux blogueurs et aux journalistes

A partir de vendredi 4 novembre 2011, 17h, nous occuperons le quartier d’affaire de La Défense.

Par leur traitement des différents mouvements de contestation qui ont lieu partout dans le monde, les médias nous indignent de plus en plus ! Comment peuvent-ils traîter des sujets aussi graves et indignants en une petite colonne ou dans un sujet télévisé d’à peine une minute ?
Les questions de la création monétaire, du rôle de la BCE (et de la récente nomination de son nouveau président), de la crise actuelle de la zone euro et de la finance mondiale, de l’illégitimité du G20 et de la précarisation des citoyens (entres autres) sont expédiées et traitées avec fatalité.
Il ne passe pas une journée sans qu’une nouvelle information nous indigne toujours plus. Pour passer pas mal de temps sur le terrain, dans la rue, la population est dans sa très grande majorité tout aussi indignée que nous.
Nous ne sommes pas des utopistes marginaux. De grands noms de l’économie, de la sociologie et des médias (encore trop peu nombreux) soutiennent notre cause et saluent nos actions.
Nous posons alors la question suivante: Pourquoi, les journalistes (dont les emplois sont de plus en plus précarisés et la liberté de ton de plus en plus menacée) ne nous soutiennent pas plus ouvertement ? Nous avons besoin d’eux et de vous, amis blogueurs, pour ouvrir les yeux à la majorité de la population et pour leur montrer que, contrairement à ce qui se dit dans les journaux télévisés, la révolte est bien là, que d’autres solutions sont possibles et proposées.
Nous en avons assez du traitement de nos actions dans les médias. Toujours minimisées, trop peu expliquées et souvent ridiculisées.
Nous en appelons donc aujourd’hui à chacun d’entre vous: que votre blog soit visité par 5, 10, 100 ou 10 000 personnes par jour à relayer notre appel, à diffuser les informations sur l’occupation de la Défense et sur les aberrations du monde dans lequel on vit et que nous voulons changer.
Nous sommes les 99%, nous sommes indignés, nous sommes de plus en plus révoltés, nous ne les laisserons pas nous décourager !

Liens utiles :

http://occupyfrance.org
http://paris.reelledemocratie.com
http://facebook.com/occupyfrance
http://facebook.com/occuponsladefense
http://twitter.com/occupydefense
http://twitter.com/occupyfrance
http://twitter.com/acampadaparis

Et encore :

http://owni.fr/2011/11/03/les-indignes-soccupent-de-la-defense/

mardi 1 novembre 2011

Citation du jour # 13 | Sauve qui peut...



"En cas de chômage, il faut sortir de sa zone de confort et aller au-delà de nos frontières"

Alexandre Miguel Mestre, secrétaire d'état à la Jeunesse et au Sport, samedi 29 octobre dernier

jeudi 27 octobre 2011

Wikileaks by André Carrilho

La caricaturiste et illustrateur André Carrilho a gagné le Prix Stuart 2011 du Dessin de presse portugais avec ce dessin :



L'histoire d'un petit ventilateur qui peut mettre à nu une grande puissance...

jeudi 26 mai 2011

Citation du jour # 12 | Moi, raciste ?



Claude Guéant, dimanche 22 Mai 2011, au Grand rendez-vous Europe 1/Le Parisien :

"Contrairement à ce qu'on dit, l'intégration ne va pas si bien que ça : le quart des étrangers qui ne sont pas d'origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés"

Où le fait d'être Sinistre de l'intérieur n'empêche pas d'être à la fois menteur et haineux...

mercredi 25 mai 2011

Génération "moi je n'en peux plus !"

C'était le 12 mars dernier :



...l'une des plus grandes manifestations de ces dernières années organisée par la "geração à rasca" [génération fauchée]...



...qui a rassemblé près de 500 000 manifestants dans tout le Portugal...





...avec une chanson en bandoulière : Parva que sou [Quelle conne je suis], du groupe Deolinda :



Je suis de la génération sans rémunération
Et elle ne me dérange pas, cette condition
Quelle conne je suis !

Parce que ça va mal et ça va continuer
C'est déjà une chance de trouver un stage
Quelle conne je suis !

Et je me mets à penser
Quel monde si con
Où, pour être esclave, il faut étudier

Je suis de la génération “chez papa-maman”
Si j’ai déjà tout, pourquoi vouloir plus ?
Quelle conne je suis !

Enfants, mari, je repousse sans cesse
Et j’ai encore la voiture à payer
Quelle conne je suis !

Et je me mets à penser
Quel monde si con
Où, pour être esclave, il faut étudier

Je suis de la génération “pourquoi me plaindre”
Il y a bien pire que moi à la télé
Quelle conne je suis !

Je suis de la génération “moi je n’en peux plus !”
Cette situation dure depuis trop longtemps,
Et conne, je ne le suis pas !

Et je me met à penser
Quel monde si con
Où, pour être esclave, il faut étudier...

Quel monde si con,
Où pour être esclave, il faut étudier...

Témoignage :

"Les 12 et 13 mars, Bruno et moi on était à Lisbonne pour la manifestation contre la précarité de la « Geracao rasca », qui s’est avérée être, de façon totalement imprévue et improvisée, la plus grosse manif qu’ait connu le Portugal depuis la révolution des œillets de 1974. C’était incroyable, saisissant, ahurissant, motivant, bref un truc de malade. D’autant plus qu’on était vraiment au cœur de l’aventure, étant donné qu’on était logé chez les jeunes précaires qui ont déclenché la mobilisation. Il y en aurait des pages à écrire, je voulais au départ vous faire un compte-rendu rapide, mais il y a pas mal de choses à dire donc je n’ai qu’à moitié réussi…

Donc au départ, 4 jeunes diplômés précaires sont à l’origine de ce mouvement. Il y a un mois, en pleine galère de recherche de boulot, dégoutés de n’avoir que le choix entre chômage et sous-contrat de travail, ils rédigent le « manifeste de la Geracao a Rasca » et lancent un appel sur Facebook pour une manifestation le 12 mars.

« Geracao a rasca », c’est le terme qu’on trouvé Paula et ses potes pour parler de la génération précaire. Il y a plusieurs façons de traduire : génération à l’arrache, aux abois, dans la mouise, fauchée, etc. Une façon de désigner tous ces jeunes et moins jeunes, diplômés ou non, pour qui le contrat de travail de base avec la sécurité sociale qui lui est associée est devenu quelque chose de complètement inaccessible. La majorité des jeunes portugais gagnent en moyenne 500 euros et sont payés via des « reçus verts ». A l’origine créés pour permettre un complément de revenu et pour payer les travailleurs indépendants, les reçus verts sont un moyen de paiement du travail à la tâche qui ne donnent pas droit à la protection sociale (chômage, retraite, maladie, etc.). Et aujourd’hui, les entreprises et les services publics embauchent la plupart des gens avec des reçus verts plutôt qu’avec un contrat de travail salarié. Du coup, c’est toute une génération qui se retrouve précarisée, sans protection sociale. Et ce phénomène concerne de plus en plus souvent leurs parents et leurs grands-parents. Les entreprises qui embauchaient en cdd ou en interim préfèrent désormais avoir recours aux reçus verts (ça coûte moins cher), et les retraités ont recours aux boulots en « reçus verts » pour compléter leurs revenus. Ainsi, j’y reviendrai, il est clair que le mouvement de la génération précaire portugaise va bien au-delà du combat d’une classe d’âge et qu’il y a une forte solidarité intergénérationnelle dans cette lutte : comme ici en France, on précarise d’abord les jeunes pour tirer vers le bas l’ensemble de la population."

Lire la suite sur le site de "Génération Précaire"

Voir également un article du Courrier international

lundi 23 mai 2011

1er Manifeste de la Place du Rossio



Texte original : ICI

1er Manifeste de la Place du Rossio

(Lisbonne, 22 mai 2011)

Les manifestants, réunis sur la Place du Rossio, conscients que ceci est une action en mouvement et de résistance, déclarent :

Nous,
citoyens et citoyennes, femmes et hommes, travailleurs, travailleuses, immigrés, étudiants, personnes sans emploi, à la retraite, unis par l'indignation face à la situation politique et sociale suffocante que nous nous refusons à accepter comme inévitable, nous occupons nos rues.

Nous rejoignons ainsi ceux qui, de par le monde, luttent aujourd'hui pour leurs droits face à l'oppression constante du système économique et financier en vigueur.

De Reykjavik au Caire, du Wisconsin à Madrid, une vague populaire balaie le monde. Sur elle, pèsent le silence et la désinformation de la communication sociale, communication sociale qui ne questionne pas les injustices permanentes dans tous les pays, mais proclame seulement le caractère inévitable de l'austérité, de la fin des droits, de l'enterrement de la démocratie.

La démocratie réelle n'existera pas tant que le monde sera géré par une dictature financière. Le sauvetage signé dans notre dos avec le FMI et l'UE a séquestré la démocratie ainsi que nos vies. Dans les pays où il intervient, le FMI entraîne de brutales chutes de l'espérance de vie.

Le FMI tue ! On ne peut que le rejeter. Nous refusons que l'on nous coupe les salaires, les pensions et les aides, alors que les coupables de cette crise sont ménagés et recapitalisés.

Pourquoi devons-nous choisir de vivre entre le chômage et la précarité ? Pourquoi veut-on nous enlever les services publics, nous volant ainsi, à travers les privatisations, ce que nous avons payé toute notre vie ?

Nous disons non.

Nous refusons le plan de la troïka (UE, BCE, FMI).

Suivant l'exemple de l'Islande, nous n'accepterons pas d'hypothéquer le présent et le futur à cause d'une dette qui n'est pas la nôtre. Nous refusons que l'on nous vole les horizons de notre futur.

Nous prétendons assumer le contrôle de nos vies et intervenir effectivement dans tous les processus de la vie politique, sociale et économique.

Nous le faisons aujourd'hui, dans les assemblées populaires réunies.

Nous appelons à ce que les gens se réunissent, dans les rues, les places, à chaque coin de rue, à l'ombre de chaque statue, pour que, unies et unis, nous puissions changer une bonne fois pour toutes les règles viciées de ce jeu.

Ceci n'est que le début. Les rues sont à nous.


C'est la danse finale !

Merci et bravo à nos voisins espagnols...

Lisbonne, ici et maintenant !

Pour fêter nos belles démocraties, les gens se rassemblent donc un peu partout...
A Lisbonne, la Praça do Rossio est occupée en ce moment même...

A suivre sur ICI et ICI.

Des photos ICI.


Démocratie en action...

En Espagne, le gouvernement interdit les manifestations, le 1er mai dernier, à Setubal, les policiers ont tiré en caoutchouc sur des manifestants.